Gaston Baty ?

Gaston Baty, de son nom complet Jean-Baptiste-Marie-Gaston Baty, est un homme de théâtre, né à Pélussin (Loire) le 26 mai 1885 et décédé dans la même commune le 13 octobre 1952. Il fit ses études secondaires chez les Dominicains d’Oullins et ses études supérieures à la faculté des lettres de Lyon. Dans cette ville, patrie de Guignol, il se passionna pour les marionnettes et recueillit quelques pièces du vieux répertoire.
De 1908 à 1914, secondant son père, gros négociant en bois, il parcourut l’Europe. A Munich il assista aux représentations du Künstlertheater. Cette découverte est la révélation de sa vocation et jeune débutant de 30 ans passés il s’embarqua alors dans la vie théâtrale. En 1919 il rencontra Firmin Gémier, socialiste laïc qui prônait un théâtre national populaire. Et bien que Baty fût un fervent catholique, celui-ci deviendra son assistant, les deux hommes se retrouvant sur une conception mystique du théâtre populaire. Cette rencontre fut déterminante et marqua fortement l’orientation du travail de Baty.
Ainsi lancé, il vola de ses propres ailes et fonda en décembre 1921 sa troupe, Les Compagnons de la chimère. Il fit construire une salle en bois à Saint-Germain-des-Prés. Un mois et demi après son inauguration la Baraque dut fermer, faute d’argent, malgré son succès.
Le 6 juillet 1927, Gaston Baty, Louis Jouvet, Charles Dullin et Georges Pitoëff se regroupèrent dans Le Cartel des quatre, association fondée sur l’estime professionnelle et le respect réciproque, pour défendre face aux abus de la critique et au commercial théâtre de Boulevard l’idée d’un véritable théâtre d’art.

Dullin, Pitoëff, Baty et Jouvet dans le jardin de Baty aujourd'hui parc municipal de Pélussin

Gaston Baty, grand théoricien du théâtre, publia une série de manifestes dont certains comme Sire le mot déclenchèrent une violente polémique. Il dénonça la primauté de l’auteur et du texte littéraire dans la construction du théâtre, et affirmât le metteur en scène, le décorateur, l’éclairagiste comme des créateurs à part entière au même titre que l’auteur.
De 1930 à 1943, il prit la direction du Théâtre Montparnasse tout en participant à la modernisation la Comédie-Française.
Sur la fin de sa carrière, il abandonna le travail avec sa troupe de fidèles comédiens pour renouer avec les marionnettes, créant des spectacles, recherchant des textes, formant des marionnettistes. Il réunit une équipe avec laquelle il explora les possibilités d’expression de la marionnette à gaine. Ensemble ils élaborèrent une grammaire de la marionnette mise en forme par André-Charles Gervais qui fait encore référence aujourd’hui. Baty imagina des personnages récurrents dont la figure principale est Jean-François Billembois, compagnon menuisier du tour de France. Le spectacle fut monté en 1944 en pleine période du débarquement sous l’appellation Marionnettes à la Française.
En automne 1947, une nouvelle compagnie fut constituée avec notamment Maurice Garrel, Alain Recoing et Jean-Loup Temporal. Les principes de travail furent encore améliorés. La perfection minutieuse de la réalisation ainsi que l’attitude de ce metteur en scène célèbre qui consacrait son talent à un art jugé mineur étonnèrent. La tragique et plaisante Histoire du docteur Faust fut jouée en Allemagne en 1949 mais Baty, malade, ne put continuer son activité et se retira dans sa maison natale de Pélussin où il meurt en 1952.
Son approche de la marionnette relève d’une esthétique de l’évasion et mène à la constitution d’un univers de contes et de légendes un peu désuet, mais son exploration des techniques de manipulation et de mise en scène, sa réflexion sur le jeu, l’écriture, la formation ont été d’un apport considérable et ont contribué à la reconnaissance de la Marionnette comme un art à part entière.